mercoledì 23 settembre 2020


La chanteuse Juliette Gréco est morte

Chanteuse et actrice, Juliette Gréco est morte le 23 septembre, à Ramatuelle (Var), à 93 ans. Elle fut la muse du Saint-Germain-des-Prés de l’après-guerre et l’interprète inoubliable de Brel, Gainsbourg, Vian, Roda-Gil, Miossec ou Biolay…

Par Véronique Mortaigne

Juliette Gréco (1927-2020), chanteuse et actrice française née à Montpellier (France). En 1966. Roger Pic / adoc-photos

Qu’avons-nous donc tant aimé chez Gréco pour que sa disparition nous atteigne autant ? Sa voix, son élégance, sa force et ses mains, sûrement, qui volaient, virevoltaient ! Juliette enfant s’était-elle peut-être ainsi rêvée, longue et forte dans un fourreau noir, les mains aériennes, habillant J’arrive (Jacques Brel/Gérard Jouannest) d’une aura de peines lumineuses et de déclarations d’injustice – la mort, suprême incompréhension. S’était-elle vue badinant sur un texte hallucinatoire d’Etienne Roda-Gil mis en musique par le Brésilien Caetano Veloso, Mickey travaille, ou sur Jolie môme, de Léo Ferré ? Avait-elle imaginé incarner à ce point, dans le monde entier, une France résistante et cultivée ?

Nous aimions Gréco avec tous ses « défauts », ses trous de mémoire, son trac et son art : « Cette femme est faillible, et faillible par courage, alors qu’il serait si simple de figer pour toujours son interprétation de Paris Canaille et de repasser chaque soir sur ses marques », a écrit le critique Bertrand Dicale dans une biographie très justement intitulée Juliette Gréco, Les Vies d’une chanteuse (éd. Jean-Claude Lattès, 2001).

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Les intenses appétits et la curiosité insondable de cette interprète identifiée à la liberté française lui ont à jamais laissé sa place de muse de Saint-Germain-des-Prés, mythe de la modernité, de la liberté de l’après-guerre toujours planétairement vivace. « Gréco rose noire des préaux. De l’école des enfants pas sages », selon le poète Raymond Queneau. « La Gréco », est morte le 23 septembre, à Ramatuelle (Var). Elle était âgée de 93 ans. Juliette Gréco disait, en 2008 : « Pour résister à l’approche de la fin, il faut aimer ce qu’on fait, à la folie, aimer son métier comme je l’aime moi, c’est-à-dire de façon démesurée, hors normes, en allant chanter aussi dans des petites salles de banlieue en matinée et savourer qu’un jeune homme ait dit à la fin du tour de chant : “Elle est bonne, hein, Gréco !” »

Rapports chaotiques avec sa mère

Les vies de Juliette Gréco avaient commencé le 7 février 1927 à Montpellier (Hérault). Enfant solitaire et taciturne, elle vit des rapports chaotiques avec sa mère. Le père, Corse et commissaire de police, est parti. Leur première fille s’appelle Charlotte, comme la grand-mère maternelle, la seconde, Juliette, comme sa mère. « Quelle imagination ! », commente Juliette (la fille) à propos de Juliette (la mère). Femme de gauche, anticonformiste viscérale, elle est l’« amie de cœur » du critique d’art Elie Faure, puis la compagne d’Antoinette Soulas, elle-même mère de deux enfants.

Un temps installées rue de Seine à Paris avec leur mère, les deux enfants sont ensuite confiées à leur grand-père. « J’ai un vieux fond révolutionnaire solide, constant, confiait la chanteuse. Mon grand-père Jules était compagnon, donc sans doute franc-maçon. Il portait des bottines, et j’adorais les lui délacer le soir. Il mettait sa main sur ma tête, comme cela [elle fait le geste], légèrement. C’était un homme de bien, architecte à Bordeaux. Il pensait encore qu’un ouvrier était une personne d’importance, ce que l’on apprend dans la magnifique école du compagnonnage… J’ai toujours entendu des propos républicains dans mon enfance. Mais, à l’âge de 3 ans, j’ai assisté à une scène terrible, ahurissante : ma grand-mère a mis à la porte une domestique, et avant qu’elle quitte son service, déjà avec sa robe de voyage, sa valise, elle lui a fait laver les marches du perron, et j’ai été complètement révoltée. »

Revenues dans la capitale à la mort de Jules, les deux filles sont placées dans une pension catholique rigoureuse. Juliette voudrait devenir danseuse. Elle est petit rat à l’Opéra de Paris quand éclate la seconde guerre mondiale. La famille Gréco se réfugie en Dordogne, où la mère entre en résistance. Elle est arrêtée en 1943, ses deux filles s’enfuient avant d’être reprises par la police française à Paris. La mère et Charlotte sont déportées. Juliette est emmenée à la prison de Fresnes où elle passe trois semaines avant d’être relâchée, sauvée par son jeune âge (16 ans).

« Ma mère et ma sœur étaient en route vers Ravensbrück. Je suis sortie de prison et je me suis retrouvée à Saint-Germain-des-Prés, sur la petite place, à côté de la pension de famille où j’étais installée – il y avait l’actrice Hélène Duc, Pierre Riche, un comédien masqué, une dame spécialiste de la lèpre, un monsieur toujours en costume et cravate qui habitait dans un réduit sous l’escalier. Alors je me suis mise à chanter Over the Rainbow, parce que la musique américaine était alors interdite », confiait-elle au Monde lors de la parution de son album de reprises, enregistré à New York après la mort de l’un de ses principaux arrangeurs, François Rauber en 2003.

La jeune Juliette veut devenir actrice. Béatrix Dussane, puis Solange Sicard, lui enseigne les rudiments de l’art dramatique. Elle joue pour la première fois au Théâtre français, un rôle de figuration dans Le Soulier de satin, de Paul Claudel. Sans le sou, elle commence son exploration de la vie de bohème du quartier Rive gauche de Saint-Germain-des-Prés, flirte un moment avec les jeunesses communistes. En mai 1945, Juliette retrouve sa mère et sa sœur rescapées de Ravensbrück, puis du camp de Holleischen, près de la frontière tchécoslovaque. « Sans paraître la voir, sa mère lui demande : “Où est Antoinette ?” », se souvient Juliette Gréco dans Jujube (Stock), son autobiographie écrite à la troisième personne en 1982 : « Elle ne veut que la personne qu’elle aime. Elle ne pense qu’à elle. Pas un mot pour la petite idiote. Jujube [son surnom] commence à mourir. » La mère de Juliette Gréco s’engage illico dans la marine, part pour l’Indochine, laissant ses filles derrière elle.

Refaire son éducation

Gréco entreprend de refaire son éducation dans les bistrots de Saint-Germain. C’est au bar du Montana qu’elle croise pour la première fois Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, à la Rhumerie martiniquaise qu’elle discute avec Albert Camus, et au bar du Pont-Royal, avec Maurice Merleau-Ponty. Elle partage une chambre d’hôtel avec Charlotte, vivant des mandats expédiés par sa mère, qui cesseront de lui parvenir quand sa sœur se marie. Elle collabore avec Jean Tardieu, qui présente une émission de radio consacrée à la poésie, tard dans la nuit. Elle s’essaie aux petits boulots, on lui refuse les travaux de ménage, elle s’installe dans un hôtel de la rue de Seine, La Louisiane, et rencontre le metteur en scène Michel de Ré, qui lui offre un rôle dans la pièce de Roger Vitrac, Victor ou les enfants au pouvoir (âgée de 19 ans, elle tient le rôle d’une mère de 30 ans).

Le pianiste et compositeur de jazz américain Duke Ellington est félicité par, de gauche à droite, Boris Vian, Juliette Gréco et Anne-Marie Cazalis au Club Saint-Germain-des-Prés, à Paris, à l’occasion d’un gala organisé en son honneur, le 19 juillet 1948. Derrière eux, le pianiste Jacques Diéval. KEYSTONE-FRANCE

Il y a cette très jolie photo, un peu floue, prise au Vieux-Colombier, à Saint-Germain-des-Prés. Nous sommes en 1948. Le Duke (Ellington) fait son entrée dans la cave voûtée ; Boris Vian est dans l’encoignure de la porte ; l’égérie du cabaret le Tabou, Anne-Marie Cazalis, l’amie, « la sœur jumelle, blonde et rieuse », rencontrée au Bal nègre de la rue Blomet, épaule nue, ose un geste de salut. Entre les deux, une jeunesse au sourire fin pose la main sur le bras du prince du jazz. C’est Gréco, costume croisé, cravate à carreaux, cheveux plaqués en arrière, avec son « pantalon chéri », dessiné par Christian Bérard, un tissu écossais avec le bas bordé de fourrure. « A l’époque, je ne connaissais pas le vison, Bébé m’a dit : “Tu apprendras vite.” »

Mais c’est une autre photographie qui la rend célèbre, publiée le 3 mai 1947 en une de l’hebdomadaire Samedi-Soir : on voit la nouvelle égérie du Tabou discutant avec Roger Vadim à l’entrée du cabaret. L’article explique comment vivent les « troglodytes » de Saint-Germain et développe le concept d’existentialisme : « Le mot est lâché, et comme un animal sauvage commence sa course folle à la recherche de sa véritable identité », écrit-elle dans Jujube. Puis, c’est au tour de l’hebdomadaire Dimanche-Soir de livrer aux lecteurs une photo, où Gréco apparaît allongée aux côtés Annabel Buffet. Petit parfum de scandale, magnétisme personnel, amitiés solides : l’idée de la rébellion et de la liberté des mœurs selon Gréco est lancée.

Après les années travail-famille-patrie, après les horreurs de la guerre, la jeune génération veut désobéir. « Je me demandais ce qu’était un existentialiste, raconte le compositeur brésilien Caetano Veloso. Un ami m’a dit : un philosophe parisien qui fait tout, mais absolument tout ce qu’il veut. J’étais fasciné. »

« J’ai connu Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, j’étais jeune et conne, mais terriblement attentive et comblée. Ils me voyaient comme un enfant intéressant, une jeune fille bizarre, fort peu sociable »

« J’ai passé ma vie à poser des questions. Ma mère n’y répondait pas. Comme elle vivait dans la différence, elle n’assumait rien, surtout pas ses enfants, surtout pas moi. J’ai commencé à vivre le jour où, dans un café du pont Royal, un homme, un client comme moi, qui sans doute me trouvait jolie, intéressante, désirable peut-être, m’a répondu. La porte du paradis s’est entrouverte tout à coup… J’avais trouvé une sorte de père, en tout cas un être humain à réponse. [L’homme était le philosophe Maurice Merleau-Ponty. La question était : “Qu’est-ce que l’existentialisme ?”] Ma sœur m’avait parlé de Sartre, et j’étais intriguée. “L’homme doit faire et faisant ce faire n’être que ce qu’il se fait”. Ça, ça m’intéressait, puisque j’en étais là : il fallait que je me fasse… Puis j’ai connu Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, j’étais jeune et conne, mais terriblement attentive et comblée. Ils me voyaient comme un enfant intéressant, une jeune fille bizarre, fort peu sociable. »

Personnages mythiques

Dans la vie de Juliette Gréco croisent tant de personnages mythiques qu’il est impossible d’en faire le tri : Maurice Merleau-Ponty, Jean-Paul Sartre, Françoise Sagan ; Jean-Pierre Wimille, pilote de course, premier amour fou de Juliette, mort sur le circuit de Palermo en Argentine en 1949 ; Miles Davis, rencontré à Paris – il a 23 ans, elle en a 22, ils s’aimeront longtemps ; Philippe Lemaire, le bel acteur, mari de Juliette pour un temps et père de son unique fille, Laurence-Marie, née en mars 1954 ; Darryl Zanuck, le producteur de cinéma qui voulait la séduire ; Irmeli Jung, photographe d’origine finnoise, la fidèle, l’admiratrice passionnée ; Michel Piccoli, le deuxième mari ; le compositeur et pianiste Gérard Jouannest, qui, dès la fin de la carrière de Jacques Brel, dont il était l’accompagnateur, et le compositeur, travaille avec elle, puis l’épouse.

Mais Gréco ne se contentera jamais de n’être qu’une personnalité. En 1949, un de ses amis, Marc Doelnitz, décide de rouvrir le célèbre cabaret Le Bœuf sur le toit, créé en 1921 et repaire de Jean Cocteau. Anne-Marie Cazalis et Marc Doelnitz parviennent à la convaincre d’y chanter. Mais elle ne sait pas quoi. Sartre lui soumet plusieurs poèmes, parmi lesquels elle choisit Si tu t’imagines, de Raymond Queneau, et L’Eternel féminin, de Jules Laforgue. Sartre lui offre La Rue des Blancs-Manteaux, écrit pour Huis clos, mais jamais utilisé. Il lui présente son ami le compositeur Joseph Kosma.

Cinq jours plus tard, Juliette Gréco fait ses débuts officiels devant un public de choix (Sartre, Beauvoir, Cocteau, Camus, Marlon Brando). Elle ajoute ensuite à son jeune répertoire La Fourmi, de Robert Desnos, et Les Feuilles mortes, de Prévert (musiques de Kosma). Après un été passé à peaufiner son image sur la Côte d’Azur, elle est invitée à chanter à la Rose rouge, cabaret célèbre tenu par Nico Papatakis et où se produisent les Frères Jacques ou Marcel Marceau.

Son succès l’amène au Brésil pour trois mois, invitée par l’Office culturel français. Gréco se bâtit une stature d’artiste culte. En 1951, elle enregistre son premier album, où figure Je suis comme je suis, une de ses chansons fétiches (Prévert/Kosma). En 1954, elle reçoit le Grand prix de la Sacem pour Je hais les dimanches, une chanson de Charles Aznavour. A cette époque, l’existentialisme est en train de perdre son aura sulfureuse. En 1952, elle a débuté à New York dans la revue April in Paris donnée au Waldorf Astoria. Puis commence une longue tournée en France, en vedette américaine de Robert Lamoureux. En 1954, elle est à l’Olympia.

Vrai rôle au cinéma

Tandis qu’elle chante, Juliette Gréco fait aussi du cinéma. On la voit en 1949 dans Orphée, de Jean Cocteau, dans Au royaume des cieux, de Julien Duvivier, dans Sans laisser d’adresse, de Jean-Paul Le Chanois. Mais elle obtient son premier vrai rôle dans un film de Jean-Pierre Melville, Quand tu liras cette lettre, en 1954, aux côtés de l’acteur Philippe Lemaire, qu’elle épouse quelque temps plus tard avant d’en divorcer en 1956. Elle tourne Elena et les hommes, de Jean Renoir, avec Ingrid Bergman et Jean Marais (1955), puis La Châtelaine du Liban, de Richard Pottier (1956), et L’Homme et l’enfant, de Raoul André (1956), fait du théâtre (Anastasia, de Marcelle Maurette, 1955), chante à la Villa d’Este.

Repartie à New York pour une nouvelle saison d’April in Paris, elle y triomphe en interprétant Prévert et Kosma, mais aussi Françoise Sagan (Le Jour, Sans vous aimer), Francis Blanche, Charles Trenet. Alors que Guy Béart lui compose des chansons, elle tourne aux côtés d’Ava Gardner Le Soleil se lève aussi, d’Henry King (1957), produit par Darryl Zanuck, pilier du cinéma hollywoodien, qui veut en faire une star en lui offrant des rôles dans des films de qualité très inégales, dont Les Racines du ciel, de John Huston, en 1958, et Drame dans un miroir, de Richard Fleischer, avec Orson Welles (1960). L’aspect commercial des ambitions de celui qui est devenu son compagnon ne saurait satisfaire Juliette Gréco. La rupture est inévitable. Si on la revoit ensuite fréquemment au cinéma, notamment dans La Nuit des généraux, d’Anatole Litvak (1966), ou Lily aime-moi, de Maurice Dugowson (1975), c’est son rôle de schizophrène mystérieuse dans Belphégor, l’un des feuilletons les plus célèbres de la télévision, diffusé à partir de 1965, qui fera d’elle une vedette populaire.

Un an après une tentative de suicide, en septembre 1965, elle épouse l’acteur Michel Piccoli. Elle renouvelle son répertoire de chansons. Guy Béart (Il n’y a plus d’après), Gainsbourg (Accordéon, La Javanaise), Pierre Mc Orlan (Le Pont du Nord, Tendres promesses). En 1961, elle chante à Bobino, l’année suivante à l’Olympia, et triomphe en 1966 avec Brassens au TNP. En 1968, alors que la France veut faire sa révolution, elle continue la sienne en chantant Déshabillez-moi (Nyel/Verlor). Elle bâtit alors son répertoire sur des chansons qui deviendront des classiques, signés d’auteurs-compositeurs comme Léo Ferré (Jolie Môme) ou Jacques Brel (J’arrive), et de poètes, Aragon, Desnos, Allais, Seghers, Eluard : théâtrale et somptueusement sobre, jouant des mains et du rideau rouge, silhouette pâle, frondeuse et têtue, affirmant la liberté du féminin. Juliette Gréco se trouvait moche et s’est fait rectifier le nez, trois opérations symptomatiques, selon Bertrand Dicale « du goût ou de l’absence de goût qu’elle éprouve pour son apparence physique ».

Après avoir passé plus de trente ans chez Philips, Juliette Gréco rejoint le label Barclay en 1972, alors que, cinq ans après un concert mémorable donné à Berlin avec l’Orchestre philharmonique où 60 000 fans se pressent, et d’innombrables tournées mondiales, sa carrière semble s’étouffer en France. Après un passage chez RCA Victor, puis chez Meys en 1982, elle intègre le label Phonogram (aujourd’hui Universal Music). Revenue à la scène à l’Espace Cardin en 1983, ces années 1980, branchées, sont des années noires pour Gréco en France, tandis qu’à l’étranger on l’érige en monument de la culture française. Juliette Gréco prend du champ. En 1988, elle achète une maison à Ramatuelle, se marie avec Gérard Jouannest. Trois ans plus tard, elle revient à l’Olympia.

Itinéraire d’icône

En 1993, elle confie la réalisation de son nouvel album au parolier Etienne Roda-Gil. Gérard Jouannest, les Brésiliens Caetano Veloso et Joao Bosco, Julien Clerc, lui offrent des musiques soyeuses et perverses. Complice de la jeune génération (on l’a vue photographiée aux côtés du rappeur M.C. Solaar en couverture d’Actuel), comme en 2008 avec le slameur Abd al Malik, Juliette Gréco reprend son itinéraire d’icône. En grande comédienne, elle triomphe en 1999 à l’Odéon, un théâtre où elle avait toujours rêvé d’entrer par la petite porte, celle du côté, celle des artistes.

« En grande comédienne, elle triomphe en 1999 à l’Odéon, un théâtre où elle avait toujours rêvé d’entrer par la petite porte, celle du côté, celle des artistes »

En 1998, Jean-Claude Carrière lui habille Un jour d’été et quelques nuits, qui contient Une Nuit, un train, en référence au fascisme « toujours aux aguets », une chanson devenue pilier de son récital, avec Le Temps des Cerises et J’arrive. En 2003, elle est servie par la jeune génération – Miossec, Benjamin Biolay – et des antimodèles (Gérard Manset) pour un album d’une très grande qualité, Aimez-vous les uns les autres… ou bien disparaissez. Elle est en grande forme artistique, mais sa santé est faible : elle est cardiaque, est opérée d’un cancer, s’évanouit sur un quai de gare, manque de mourir dans une chambre de l’Hôtel Lutetia à Paris, et donne des récitals d’une fabuleuse énergie dans des salles de prestige (Théâtre du Châtelet, Théâtre des Champs-Elysées), comme en rase campagne. Infatigable.

Après un album enregistré à New York (Le Temps d’une chanson), elle publie, en 2009, Je me souviens de tout, entourée d’une poignée de jeunes talents (Orly Chap, Olivia Ruiz, Adrienne Pauly, Miossec et Abd al Malik) pour l’écriture, et de Gérard Jouannest au piano et Jean-Louis Matinier, à l’accordéon ; une formule en trio qu’elle a inaugurée dans une série de concerts menés d’une voix intacte, du Théâtre du Châtelet à celui des Champs-Elysées.

En 2012, paraît Ça se traverse et C’est beau, hymne aux ponts de Paris, ceux des poètes et des jeunes gens pressés, les ponts des amoureux et des suicidés, une collection de chansons écrites par des auteurs de prestige, de Marie Nimier à Philippe Sollers, qu’elle chante aussi en duo avec Melody Gardot, Marc Lavoine ou Féfé.

Hommage à son ami Jacques Brel

En 2013, Juliette Gréco consacre un album à son ami Jacques Brel (1929-1978), douze titres drôlement arrangés par le pianiste Bruno Fontaine avec Gérard Jouannest. De Brel, elle disait alors avec son effronterie habituelle : « Le salaud ! C’est épouvantable ce qu’il dit. D’une logique, d’une lucidité, d’un dépouillement, d’une mise à nu, d’une cruauté ! J’ai compris pourquoi je l’aimais tant : à cause de cette vision sans fioriture aucune. Curieusement, Amsterdam est l’une des chansons les plus tendres – “Ils ouvrent leurs braguettes”, tant pis, youpi ! ; “Ça sent la morue jusque dans le cœur des frites”, ça va ; mais dans Ces gens-là, Le Tango funèbre, tout est abominable ! »

En 2015, elle initie, en lâcheuse sublime, une tournée intitulée « Merci », dont elle disait qu’elle serait la dernière sans qu’on la croie vraiment. Au Printemps de Bourges, où elle avait lancé « Merci », la chaleur intense régnant sur la scène l’avait mise K.-O. avant qu’elle ne puisse chanter J’arrive, une chanson de Brel qu’elle avait créée en scène en 1971, interpellation effrontée de la mort. En coulisses, après coup, elle était fumasse. Ce qui ne l’empêcha en rien de poursuivre sa route.

Le 7 février 2016, elle fêtait triomphalement son 89e anniversaire au Théâtre de la Ville à Paris, après un concert d’exception donné au Musée du Louvre devant la Victoire de Samothrace. Le 24 mars, elle est victime d’un AVC dans un hôtel à Lyon. Privée de la parole, atteinte par le décès de sa fille Laurence, et celui en mai 2018 de son époux Gérard Jouannest, Juliette Gréco lutta pour récupérer l’intense appétit de vie qui l’a animée dès l’enfance.

Qui était Gréco ? Une sorte d’animal, écrivait François Mauriac dans son Bloc-notes : « Gréco, ce beau poisson maigre et noir, n’a pas besoin de sauce pour passer. Gréco fournit elle-même les câpres ! Noire et blanche, c’est la reine de la nuit. Son personnage est composé avec une science qui ne doit rien au hasard. Qu’elle est belle ! Et peut-être était-elle laide au départ. C’est une statue d’ivoire et de jais. Même les pommettes, on dirait qu’elle les a elle-même modelées. Beaucoup de chanteuses sont interchangeables. Gréco est le chef-d’œuvre unique de Gréco. Elle ne sera jamais prise pour une autre et aucune ne pourra jamais l’imiter. »

Juliette Gréco en quelques dates

7 février 1927 Naissance à Montpellier

1946 « Victor ou les enfants au pouvoir » (pièce de Roger Vitrac)

1951 « Je suis comme je suis » (premier album)

1954 « Quand tu liras cette lettre » (film de Jean-Pierre Melville)

1965 « Belphégor » (feuilleton télévisé)

1966 « La Nuit des généraux » (film d’Anatole Litvak)

1982 « Jujube » (autobiographie, éditions Stock)

2013 « Gréco chante Brel »

23 septembre 2020 Mort à Ramatuelle (Var

giovedì 10 settembre 2020

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Nicola Lagioia

Svetlana Aleksievič, premio Nobel per la letteratura, è l’unico membro del Consiglio di Coordinamento dell’opposizione bielorussa che abbia finora scampato l’arresto o l’esilio forzato.

Nella giornata di ieri, dopo che la scrittrice settantaduenne ha denunciato la tentata irruzione di uomini mascherati nel suo appartamento a Minsk, gli ambasciatori di Svezia, Germania, Slovacchia, Polonia, Austria, Romania, Lituania e Repubblica Ceca si sono recati a casa sua per fornirle un cordone protettivo diplomatico. Intanto la trentunenne poetessa e traduttrice Hanna Komar, segretaria del PEN bielorusso, è stata arrestata nel corso di una pacifica manifestazione tenutasi l’8 settembre e condannata a nove giorni di carcere.

Nell’esprimere la nostra piena solidarietà a Svetlana Aleksievič e a chi, assieme a lei, si batte per la democrazia in Bielorussia, vogliamo ricordare la coerenza del suo attuale impegno con l’impronta civile della sua opera. Da Preghiera per Černobyl a Ragazzi di zinco a La guerra non ha un volto di donna, i reportage letterari di Aleksievič rivelano gli aspetti più tragici e rimossi della realtà sovietica e post-sovietica, restituendoli con un coraggio, un’empatia e un rigore stilistico che, nel 2014, le sono valsi il premio tributato dall’Accademia di Stoccolma.

Come comitato editoriale del Salone del Libro siamo vicini con sincero affetto a Svetlana Aleksievič, affetto risalente al 2017 quando Aleksievič ci ha onorato della sua presenza a Torino. Auspichiamo che la nostra vicinanza non venga raccolta e rilanciata solo nell’ambiente della cultura italiana, ma che la diplomazia del nostro paese e dell’UE nel suo intero voglia presto intervenire a tutela di questa instancabile portavoce delle libertà democratiche e, come lei chiede nell’appello che qui riproduciamo in traduzione italiana, del popolo bielorusso.

Il Comitato Editoriale del Salone Internazionale del Libro di Torino

 

martedì 28 aprile 2020

In Europa, l’Italia è il Paese dove da anni la probabilità di prendersi un’infezione negli ospedali, è in assoluto la più alta: il 6%. È la conseguenza di un graduale aumento di rischi specifici inclusa la scarsa formazione degli operatori sanitari a osservare le misure di sicurezza, a partire da quelle igieniche. In questo quadro è esploso il Covid-19.
Oggi il personale sanitario, che conta 19.942 contagiati e 185 morti, attraverso le sue rappresentanze sindacali ha presentato un esposto ai Nas oltre che alle procure di dieci regioni: contestano alle aziende ospedaliere di non avere tutelato medici e infermieri come dovuto.
La questione riguarda anche noi cittadini, perché i medici positivi al virus rischiano di trasformare gli ospedali in focolai del contagio, e il livello di sicurezza del personale sanitario è una delle chiavi del successo (o dell’insuccesso) della lotta contro il coronavirus.
Il piano contro le pandemie mai attuato
Vediamo come sono andate le cose, a partire dai presidi di tutela numero uno: le mascherine. Le Regioni avevano sul tavolo il piano contro le pandemie (dal 2007 in Veneto ed Emilia Romagna, e ben due a partire dal 2006 in Lombardia). Una disposizione chiave dice: «Fate scorta di dispositivi di protezione, mascherine, guanti, tute». Al contrario della Germania, le nostre aziende sanitarie non lo hanno mai attuato, e quando è arrivata la tempesta i dispositivi mancavano. Va sottolineato che, per i medici, le mascherine dovevano essere le FFP2 e P3. Lo richiedeva l’Inail. Siccome scarseggiavano le regole sono state cambiate in corsa dall’Oms e poi dal governo stabilendo che bastavano quelle chirurgiche, che proteggono il paziente ma non l’operatore. È andata avanti così fino a poco tempo fa, e quindi si sarebbe dovuto, quantomeno, fare il tampone a medici e infermieri esposti, per tenerli fuori dagli ospedali in caso di positività, come raccomanda dal 25 marzo il Ministero della Salute. D’altra parte, fin da fine febbraio, con l’analisi dei primi casi di Vo Euganeo e di Codogno, è stato confermato che a trasmettere il virus sono anche persone senza sintomi, ma infette.
Per chi si ammala a casa niente infortunio
Ogni Regione ha le sue regole, che poi vengono recepite in modo diverso dalle singole aziende sanitarie. Una però vale per tutti: chi si ammala di Covid-19 torna al lavoro dopo due tamponi negativi. All’ospedale di Lodi succede che almeno cinque medici positivi al test, vengono fatti rientrare dalla malattia dopo un solo tampone negativo.
Ma per capire come ogni ospedale si regola con i propri operatori prendiamo tre casi: il Papa Giovanni XXIII di Bergamo, l’Azienda Ospedaliera di Parma e quella di Padova nei giorni dell’emergenza, cioè dal 20 febbraio fino a Pasqua. Nei tre ospedali, ai medici che si ammalavano in corsia veniva subito fatto il test, e i positivi tornavano in servizio solo quando avevano due tamponi negativi. Ma cosa succedeva quando un medico o un infermiere scopriva a casa di avere i sintomi del Covid-19? Ai medici di Padova e di Parma veniva fatto il tampone, e se positivo scattava l’infortunio sul lavoro. A Bergamo, invece, se non finivano ricoverati, spesso restavano a casa in malattia finché non erano guariti, senza che venisse fatto alcun tampone per sapere se avevano contratto la malattia, esponendo così i familiari. Il tampone non veniva fatto nemmeno al ritorno in ospedale, per verificare se erano ancora contagiosi. Inoltre, per loro non si poteva applicare l’infortunio legato al Covid-19, perché la direttiva Inail prevede l’esito del tampone positivo (che nessuno ha fatto).
Una differenza non da poco: con l’infortunio, in caso di invalidità o morte, sono previste indennità, con la semplice «malattia» invece a molte direzioni sanitarie hanno pure imposto inizialmente un taglio alla busta paga sui primi dieci giorni di assenza, applicando la legge Brunetta.
La diffida alla Regione Lombardia
E così decine di ospedalieri sono tornati in corsia, a contatto con i pazienti, senza sapere di cosa si erano ammalati. Dopo le continue proteste delle associazioni dei medici, il 10 aprile la Regione Lombardia ha emanato un’ordinanza in cui viene prescritto il tampone anche ai medici che si sono ammalati a casa, o che hanno sintomi. Ebbene, venerdì 24 aprile l’Anaao, insieme a tutte le altre associazioni, ha inviato una diffida alla Regione perché diverse aziende sanitarie si rifiutano di fare il tampone al personale sanitario che ha riscontrato i sintomi del Covid-19 mentre era a casa e anche a quelli che stanno in corsia (tosse, perdita dell’olfatto e del gusto) se non hanno anche la febbre sopra 37,5.
I medici asintomatici a Parma, Padova, Bergamo
Ci sono poi i casi dei medici asintomatici che dentro l’ospedale hanno avuto contatti senza mascherina con persone malate. A Bergamo nei giorni successivi al «contatto a rischio» non veniva fatto alcun tampone per scoprire se erano stati contagiati. In situazioni analoghe a Parma veniva fatto il test entro sette giorni, e chi risultava positivo veniva mandato a casa.
A Padova invece venivano fatti 4 tamponi nell’arco di 14 giorni. Padova è anche l’ospedale che in assoluto ha fatto più tamponi: ogni 10 giorni vengono sottoposti al test tutti gli operatori dei reparti Covid, e ogni 20 giorni il personale degli altri reparti. Il risultato è che il 39% dei medici positivi è asintomatico. Vuol dire che senza questo monitoraggio avrebbero potuto contagiare familiari e pazienti a loro insaputa.
Quando ad ammalarsi è il medico di base
Infine i medici di famiglia. Per loro non ci sono procedure da seguire e fino a pochi giorni fa nemmeno i dispositivi di protezione. Con il Covid, l’Inps ha sospeso le visite fiscali ma ai medici è stato lasciato l’obbligo di vedere il paziente per fare il certificato medico, e quello di fare le ricette di carta per una serie di farmaci, come le terapie del dolore. Cosa succede quando un medico di base si ammala? In Lombardia ancora oggi in buona parte possono contare sul tampone soltanto se finiscono al pronto soccorso. In Emilia Romagna bastavano i sintomi, come in Veneto, dove invece da quasi un mese si esaminano tutti i medici di famiglia, anche senza sintomi. La velocità varia a seconda dei territori. Si va dal 97% in provincia di Padova, al 25% di quelli della provincia di Verona (fonte Fimmg).
Scudo penale per tutti, ma i medici non ci stanno
Intanto dal 2 aprile in Emilia sono partiti i test sierologici su tutto il personale sanitario, in Lombardia sono iniziati il 23 aprile, con diversi gradi di priorità. Il risultato di tutto questo è che il tasso di infezione degli operatori sanitari, calcolato dall’ISS, in Lombardia è 19,1 volte superiore a quello della media della popolazione, in Emilia Romagna 6 volte, e in Veneto 3,9 volte. Li abbiamo chiamati giustamente «eroi», ma visto che durante la pandemia non avevano le condizioni adeguate per curare i pazienti di Covid-19, i medici hanno chiesto uno scudo penale e civile limitato ai mesi dell’epidemia. Maggioranza e opposizione si sono dette favorevoli, ma hanno presentato emendamenti al Cura Italia (uno firmato da Salvini per la Lega e uno da Marcucci per il Pd) che toglievano ogni responsabilità anche ai dirigenti delle aziende sanitarie e delle Regioni, impedendo anche al personale sanitario di contestare inadempienze al datore di lavoro. I primi ad insorgere sono stati proprio i medici dicendo che se così dovevano andare le cose avrebbero rinunciato allo scudo anche per se stessi. Alla fine gli emendamenti sono stati ritirati, ma il Parlamento ha disposto con un ordine del giorno che si tornerà sulla questione a breve. Chiarire cosa ha funzionato e quali errori sono stati fatti è un dovere: nei confronti del personale sanitario, delle vittime, e dei cittadini che finanziano il sistema sanitario pagando le tasse
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In Germania i casi di contagio tornano a salire dopo l’allentamento del lockdown
A pochi giorni dall’allentamento del lockdown il tasso di contagio da Coronavirus in Germania è tornato a salire, fermandosi a quota 1 per la prima volta dallo scorso mese di marzo. Aumenta anche il tasso di mortalità, collegato allo scoppio di piccoli focolai nelle case di riposo per anziani. Preoccupata Angela Merkel, che giovedì si confronterà con i leader regionali per decidere il da farsi ma la pressione economica è alle stelle per far riaprire tutto.
Esteri
28 aprile 2020 11:59
di Ida Artiaco

In Germania è ripresa l'epidemia da Coronavirus dopo un primo allentamento delle misure restrittive per il contenimento dell'infezione. Dal 20 aprile, infatti, era cominciata una cauta quanto graduale ripartenza di alcune attività, come negozi con una superficie inferire agli 800 metri quadrati, concessionarie di auto, punti vendita di biciclette e librerie. Addirittura, in Sassonia sono state riaperte anche le scuole. Ma, purtroppo, nelle ultime ore il tasso di contagio è salito di nuovo: da marzo, per la prima volta, ha toccato di nuovo il valore 1, cioè una persona è in grado di contagiarne un'altra. La scorsa settimana era fermo a 0,7, mentre è aumentato contemporaneamente il tasso di mortalità, in parte dovuto a piccoli focolai che sono scoppiati nelle case di riposo per anziani, raggiungendo il 3,8 per cento. Lo ha reso noto il Robert Koch Institut per le malattie infettive, che ha confermato come finora si siano registrati in tutto il Paese 156.337 casi e 5.913 vittime dall'inizio dell'emergenza.

Il presidente dell'Istituto, Lothar Wieler, in una conferenza stampa tenutasi a Berlino questa mattina ha sottolineato ancora una volta l'importanza di rimanere a casa il più possibile e di osservare il distanziamento sociale di almeno un metro e mezzo per evitare che il contagio cominci a crescere di nuovo. "Vogliamo difendere il successo ottenuto nelle scorse settimane", ha aggiunto, riferendosi alla capacità della Germania, che era stata ammirata in tutto il mondo, di aver messo sotto controllo in poco tempo il dilagare dell'epidemia. A rassicurare cittadini e decisori politici è intervenuto il virologo Jonas Schmidt-Chanasit, che al quotidiano Bild ha spiegato che "il leggero aumento dell'indice R con 0 che stiamo vivendo ora è normale, come abbiamo visto nelle ultime settimane. Non è collegato al weekend di Pasqua e agli spostamenti delle persone, che comunque stanno rispettando tutte le misure varate".

Al momento, vige il divieto di contatto e da ieri è obbligatorio indossare mascherine nei negozi e sui mezzi di trasporto pubblico. Altre riaperture sono in programma a partire dal prossimo 3 maggio, proprio come in Italia. Anche le scuole dovrebbero riaprire per questa data, in tutti i Land. Ma bisognerà ora aspettare la prossima mossa di Angela Merkel, che proprio in concomitanza con il primo allentamento del lockdown aveva detto di essere pronta a "chiudere tutto se il numero di nuovi infetti fosse cresciuto esponenzialmente". Giovedì prossimo è in programma un confronto tra la Cancelliera e i leader regionali proprio in vista dei prossimi allentamenti. L'esecutivo ha già chiarito di non voler procedere a un’accelerazione dell'allentamento delle misure restrittive, ma la pressione politica ed economica a riguardo sale e il dibattito è acceso.

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Ogni giorno tutti i Paesi d’Europa (e non solo) comunicano i bollettini ufficiali con contagi e decessi. Ma, in particolare sul numero di vittime, quanto sono davvero attendibili Italia, Spagna, Regno Unito, Francia, Svezia, Svizzera e Paesi Bassi? Per la Germania e il Belgio non è possibile saperlo, perché non comunicano ancora i dati necessari a scoprirlo. In base alle statistiche ufficiali, oggi l’Italia è il Paese europeo più colpito dopo la Spagna. Il drammatico bilancio delle vittime, ormai intorno alle 27 mila, è addirittura il più alto. Per capire, però, il reale impatto del virus sul nostro Paese rispetto al resto d’Europa bisogna sapere chi dice davvero la verità e quanto è ridimensionato il numero dei decessi. I dati sulle morti da Covid-19, che ci vengono comunicati quotidianamente dalla Protezione civile, si riferiscono solo ai pazienti con una diagnosi accertata tramite il tampone, e quindi sono inferiori rispetto alla realtà. La stessa cosa avviene negli altri Paesi europei considerati. Un’elaborazione dell’Istituto per gli studi di Politica internazionale (Ispi) sui morti registrati dai rispettivi Istituti di statistica nazionali, che Dataroom consulta in anteprima, ci permette di mettere a confronto Paese per Paese il numero dei morti di quest’anno con quelli degli anni precedenti. La differenza dovrebbe corrispondere alle morti da Covid-19, ma rispetto ai dati comunicati durante i mesi dell’epidemia c’è una notevole distanza. Cosa vuol dire? Che sono i morti sottostimati, cioè i pazienti che hanno contratto la malattia ma non sono stati tamponati e quelli deceduti per effetti collaterali del coronavirus: dai pazienti con infarti, ictus, aneurismi, o altre patologie, non visitati e soccorsi in tempo a causa degli ospedali pieni. Una volta individuato questo numero è possibile sapere anche quali sono i Paesi che hanno barato di più nella comunicazione e che hanno il tasso di mortalità in eccesso più alto per milione di abitanti.
Il confronto con gli anni precedenti
Il periodo preso in considerazione tra un Paese e l’altro può variare di qualche giorno, in base all’aggiornamento che ciascuno fa, ma vengono sempre analizzati i dati dei decessi fotografati dagli Istituti di statistica nazionali tra marzo e aprile 2020 rispetto alla media degli ultimi quattro anni (2015-2019). Per avere un confronto attendibile ovviamente non sono paragonati i dati dell’ultimo minuto. Dimentichiamoci, allora, per un attimo i bollettini quotidiani e guardiamo i morti registrati dalle anagrafi. La Spagna conta 68.056 decessi contro i 39.981 dello stesso periodo negli anni precedenti. È il Paese dove la crescita è maggiore: più 70%. I Paesi Bassi fanno registrare un più 50% (22.352 contro 14.895). Segue l’Italia con 78.757 decessi al 4 aprile contro 57.882. Gli ormai noti dati Istat ci dicono che a livello italiano l’aumento in media è del 36% (ben sappiamo, però, che la più colpita è la Lombardia con incrementi che arrivano a decuplicarsi nei comuni della Bergamasca). Anche il Regno Unito registra un più 36% (63.842 contro 46.877). Poi Svizzera più 25%, Francia e Svezia più 20%.
Vittime reali e morti comunicati
Questo aumento dei decessi, in gergo statistico, viene definito «eccesso di mortalità». Per fare un passo in avanti occorre quantificare la distanza che c’è tra le vittime in più che si contano quest’anno e i morti che ci vengono comunicati tutti i giorni dalla Protezione civile e dalle autorità degli altri Paesi. Il confronto fa emergere un numero: quello delle vittime non contemplate dai bollettini Covid-19, ovvero la sottostima. In cima alla graduatoria in termini assoluti c’è il Regno Unito (meno 8.184), poi la Spagna (meno 7.326), quindi l’Italia (meno 5.547), i Paesi Bassi (meno 3.797), la Francia (meno 3.679), la Svizzera (meno 339) e la Svezia (298). Annota il ricercatore dell’Ispi Matteo Villa: «Qui capiamo, ancora, cosa manca per un approccio più sistematico alla Fase 2: riuscire a tener traccia delle persone decedute è cruciale per poter comprendere come stia procedendo realmente l’epidemia in ciascun Paese».
La sottostima dei decessi Covid-19
È ovvio che non tutti i decessi in eccesso possono essere considerati di sicuro morti da Covid-19. Ma il numero è la spia più attendibile che possiamo avere sul reale tasso di incidenza dell’epidemia sulla popolazione, i cosidetti «effetti collaterali», che include appunto i decessi non da coronavirus, ma di pazienti che non sono riusciti a essere curati al meglio in un momento in cui gli ospedali sono stati travolti dai malati Covid-19. Qui prendiamo in considerazione la differenza tra i decessi reali e quelli comunicati non più in termini assoluti, ma in percentuale. Ne esce la classifica dei Paesi con i bollettini meno affidabili. La sottostima maggiore è dei Paesi Bassi (104%), a ruota il Regno Unito (93%), la Francia (41%), l’Italia (36%), la Svezia e la Spagna (35%) e la Svizzera (34%). «Non è vero che l’Italia sottostima i decessi molto più degli altri Paesi europei — sottolinea Villa —. Anzi, è sorprendente constatare come siano più o meno tutti in linea tra il 30 e il 40%, tranne Paesi Bassi e Regno Unito che invece sono molto lontani dagli altri». Complessivamente, la verità è che i dati comunicati sono sottostimati del 49%. Manca, insomma, all’appello una vittima su tre.
L’incidenza sulla popolazione
I dati reali — ossia i morti in più rispetto agli anni scorsi — ci permettono anche di sapere qual è il Paese europeo davvero più colpito per milione di abitanti. Spagna 663 decessi, Italia 586, Regno Unito 554, Paesi Bassi 524, Francia 482, Svezia 295, Svizzera 246. «Questa classifica è molto più realistica di quella che otterremmo utilizzando i soli numeri comunicati», riflette Villa.
Il caso Belgio
Il Belgio è un caso a sé, addirittura quasi ignorato. Non è possibile calcolare il numero reale di morti causati dalla pandemia perché non è aggiornato il registro con il numero totale dei decessi a marzo e aprile. Il governo belga, però, dice di essere più trasparente rispetto al resto d’Europa perché, dentro ai suoi 7.200 morti Covid dichiarati, include anche i sintomatici non testati e le morti sospette dentro le case di riposo, dove si sta consumando una silenziosa strage: quasi il 50% dei morti. Anche se prendiamo questo numero per buono, restano fuori dal conto tutti gli altri. Infatti se si confronta l’unico dato disponibile, ovvero la media dei decessi degli anni 2009-2018, si può vedere per esempio che dal 7 al 13 aprile il numero dei morti Covid-19 supera quello relativo a tutte le altre cause.
Resta il fatto che se vogliamo attenerci ai bollettini ufficiali comunicati da tutti i Paesi, il Belgio oggi conta il numero di decessi più alto di tutto il continente (e forse nel mondo): 597 per milione di abitanti, contro i 480 della Spagna e i 430 dell’Italia. Un dato disastroso se si considera che non è solo un piccolo Paese dell’Unione (11 milioni di abitanti), ma rappresenta il cuore stesso dell’Europa. Bruxelles è la sede del Parlamento e della Commissione europea, e la ripartenza passa anche da lì. Eppure, sulla gestione della pandemia è anche il Paese sul quale ci sono meno informazioni.
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giovedì 16 aprile 2020


MORTE DELLO SCRITTORE CILENO Luís Sepúlveda

di Tommaso Meldolesi

Luís Sepúlveda, scrittore, attivista politico e difensore dei diritti umani è morto stamattina a causa del COVID-19  Era nato in Cile nel 1949. Avendo subito l’influenza di un nonno ed uno zio anarchici, s’iscrive giovanissimo al Partito comunista. Scrive sul giornale di sinistra “Clarín”  ed è insignito a soli vent’anni del premio “Casa de las Americas” per la sua prima raccolta di racconti Cronicas de Pedro Nadie. Gran viaggiatore,  soggiorna in Russia dove, con una borsa di studi, segue corsi di drammaturgia, poi tornato in Cile, si diploma in regia teatrale. Entra nelle file dell'Ejercito de Liberacion Nacional in Bolivia e, come membro del partito socialista, nella guardia personale di Salvador Allende. Ribelle e anticonformista viene arrestato e torturato da Pinochet nel 1973. Liberato grazie ai numerosi appelli di Amnesty International, gli deve fuggire in esilio per otto anni. Scappa in Brasile e poi in Paraguay, quindi è nella capitale dell'Equador dove riprende la sua attività di drammaturgo. Soggiorna pure in Amazzonia, da cui trarrà ispirazione per il romanzo Il vecchio che leggeva romanzi d’amore. Per alcuni anni viaggia in Francia, in Germania, poi in Spagna, mostrando sempre un grande interesse per la difesa dei diritti umani e dell’ambiente. In questo senso collabora con l'Unesco per cui studia l'impatto dell'occidente sulla popolazione di indios Shuar e con Greenpeace ad Amburgo. In una recente intervista a Il Manifesto del 22 ottobre 2019, dichiara di provare una grande rabbia di fronte a tempi che si credevano superati. L’avanzata della destra violenta è evidente in quasi tutto il continente latinoamericano: “Nel fondo c’è una parte dell’eredità di Pinochet. E appena sopra c’è un’estrema destra fascista nello stile di Bolsonaro […] Il Cile è un paese dove le disuguaglianze sociali sono incredibili”. La repressione del potere contro l’ira delle classi popolari può portare a una fase tragica della storia del Cile. L’unica soluzione, afferma Sepúlveda, potrebbe venire dai giovani, anche se per il momento manca un vero e proprio progetto politico e risorse intellettuali adeguate che possano aprire nuove prospettive per il paese. Di  lui ricordiamo Il Potere dei sogni, dove l’autore mostra, con grande dolcezza, come la fratellanza e la solidarietà  costituiscano i pilastri fondamentali delle relazioni umane; Cronache dal cono Sud, Patagonia Express e la meravigliosa  Storia di una gabbianella e del gatto che le insegnò a volare , che è diventato un successo internazionale Sulla scia di quest’opera,  l’autore scrive Storia di un gatto e del topo che diventò suo amico, Storia di una lumaca che scoprì l'importanza della lentezza, Storia di un cane che insegnò a un bambino la fedeltà, e Storia di una balena bianca raccontata da lei stessa.
Resteranno nella mente di chi si batte ogni giorno contro le ingiustizie e i diritti dei più deboli, le storie e i racconti di Luís Sepúlveda, profondamente intensi, poetici e umani.




lunedì 6 aprile 2020


Devo dire di non essere così contrario ad abolire il valore legale dell'esame di maturità, visto che siamo l'ultimo paese d'Europa a mantenerlo ancora in vita e che onestamente in questo momento questo snellirebbe un po', anzi un po' tanto le cose, in quanto ci si potrebbe maturare con i voti dell'ultimo anno, senza spendere inutilmente un sacco di soldi! Quanto poi a far ripartire la scuola sulla base delle nuove tecnologie alle quali i docenti dovranno volenti o nolenti adattarsi, e sulle competenze, non più sulle conoscenze questo è un altro discorso. Il docente è un FORMATORE, OSSIA UN PROFESSIONISTA DELL'EDUCAZIONE. IL SUO COMPITO È QUELLO DI GUIDARE IL RAGAZZO, DI ASSISTERLO, DI CORREGGERLO, DI SPIEGARGLI ALCUNE INESATTEZZE CHE IL RAGAZZO OUO' AVERE NEL CORSO DEL PROCESSO DI APPRENDIMENTO, D'INCORAGGIARLO, DI SPRONARLO, DI TRASMETTERGLI FIDUCIA, DI AIUTARLO A CRESCERE! e questo mi dispiace non si avverare soltanto attraverso l'uso delle nuove tecnologie. ALLE COMPETENZE CI SI ARRIVA SICURO MA ATTRAVRESO UN CAMMINO LUNGO E SPESSO TORTUOSO E DIFFICILE OVE IL DOCENTE DEV'ESSERE PRESENTE PER SOSTENERE IL RAGAZZO NEL SUO PROCESSO DI CRESCITA E DI PERFEZIONAMENTO! ALTRIMENTI IL DOCENTE RISCHIA DI DIVENTARE COME UNA SCATOLA DI PELATI CHE SI COMPRA AL SUPERMERCATO E CHE L'ALUNNO SCEGLIE NON IN FUNZIONE DELLE CONOSCENZE CHE POTREBBE ACQUISIRE, MA IN FUNZIONE DI QUANTO IL DOCENTE LO FA STUDIARE ROMPENDOGLI LE SCATOLE ED ESIGENDO DA LUI IMPEGNO E SERIETA' O NON LO FA STUDIARE FREGANDOSENE DI LUI MA LASCIANDOLO PIU' LIBERO DI FARSI GLI AFFARI PROPRI; DI COME IL DOCENTE LO POTREBBE VALUTARE, QUINDI DEI VOTI E DELLA VALUTAZIONE FINALE CHE E' QUANTO PIU' INTERESSA AI NOSTRI ALUNNI: INSOMMA IL PROF SAREBBE QUANTO DI PIU' CONVENIENTE SI TROVA SUL MERCATO IN UN RAAORTO DI QUALITA'-PREZZO! E PER FAVORE FACCIAMO CHE IL NOSTRO RUOLO DI DOCENTI NON SI RIDUCA A QUESTO!